Vaucluse matin mai 2014

Gilbert Scotti ou le regard frère aux 45es  Rencontres d'Arles 2014
Gilbert
 Gilbert Scotti
Gilbert est un homme de passions, la course automobile à haute dose, la musique en intraveineuse et l'objectif en bandoulière, là où le cœur bat. Gilbert Scotti a eu son premier appareil photo à 14 ans, il s'en souvient très bien et pour cause, ce fut une révélation. Capter les instants d'émotions, d'abord la famille, puis ses périples multiples et enfin, un jour, la rencontre  avec les compagnons d'Emmaüs.

Portraits de coeur
« A l'été 2011, j'ai participé à un atelier à l'occasion des rencontres d'Arles, annimé par le photographe portraitiste Pierre Gonnord. J'ai choisi de réaliser des portraits de compagnons d'Emmaüs dans la communauté d'Arles  où j'ai eu la chance d'être accepté en immersion pendant une semaine », raconte Gilbert, il a alors rencontré et échangé avec ces hommes et ces femmes aux destin particuliers.
« Jamais je ne me suis imposé. J'ai patiemment tissé des liens de confiance dans le plus haut respect des compagnons. Je cherchais la bonne distance pour capter leur murmure intérieur, leur tempo. »
                                                             
Gilbert a alors pu photographier les compagnons qui ont accepté  de lui offrir leur visage. « J'avais créé un studio de fortune dans  un endroit reculé de la communauté pour être simplement  dans la force de l'instant, en tête à tête,            « à fleur de regard »,  précise Gilbert. Depuis il continu sa démarche dans d'autres  communautés.Pour les rencontres d'Arles le résultat est là, les images sont bouleversantes de dignité. Cadrés serrés, portraits en noir et blanc, subtilité des contrastes, façon Harcourt avec le  « vernis » en moins et l'humanité en plus. Ses photos ont étaient exposées sur des grandes bâches à l'occasion du off des rencontres d'Arles  en 2013 et le seront à nouveau en 2014. La crypte de l'église  des Réformés à Marseille a également accueilli les portraits de  Gilbert.
Un ouvrage est paru avec le soutien de la Fondation Abbé Pierre  intitulé   « A fleur de regard ».  C'est exactement cela les images  de Gilbert : un cadeau précieux tout en délicatesse profondément  humaine.                                                                     Anne Wlazlik           

Pour en   savoir plus : www.gilbertscotti.com

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   La Marseillaise juillet 2014

Regards engagés. La fondation Abbé Pierre présente trois expositions dans les locaux arlésiens des compagnons

Gilbert Scotti entouré de l’élue, du président de la communauté d’Arles, du directeur régional de la fondation et des compagnons arlésiens.
Photo S.B.

L'art de continuer le combat
Entamée l’an dernier avec une série de portraits de compagnons réalisés par Gilbert Scotti, la contribution de la fondation Abbé Pierre durant les Rencontres d’Arles prend une nouvelle ampleur à l’occasion du 60e anniversaire de l’appel de l’abbé Pierre : trois expositions jusqu’au 19 juillet présentées hier par le président régional de la fondation Fathi Bouaroua. Pour lui les questions du sans-abrisme et de la grande pauvreté ont une place dans l’événement international : « c’est un moyen de sensibiliser pour que l’on continue de connaître l’abbé Pierre dans dix ans, un travail de mémoire autour de ceux qui portent les valeurs de solidarité par le vecteur de l’art qui touche le sentiment ». Le vernissage s’est déroulé hier  dans les locaux de la route des Saintes-Maries-de-la Mer en présence du président de la fondation Abbé Pierre Raymond Etienne et de Laurent Desmart, le dernier secrétaire de l’Abbé Pierre. Korganow, Doisneau, Cartier-Bresson ont immortalisé le combat de l’abbé, tandis que sur les bâtiments, les grands tirages de Gilbert Scotti montrent des SDF pris sur le vif à Paris, Marseille, Montréal ou Barcelone: 
« je suis sans illusion sur la portée de mes images , j’ai la crainte d’alimenter cette société de constat où l’accumulation d’informations finit par nous désactiver, face à cette bombe à destruction massive qu'est la finance maline qui domine ce monde » a-t-il déclaré, à l’heure où « le confort de tous apparaît de plus en plus comme une situation précaire qui ne présage rien de bon ». La maire adjointe aux associations Florence Rivas a mis en valeur l’utilité de ce « témoignage comme quoi la culture peut servir des causes, quand des personnes qui ne se sentent pas concernées sont poussées à faire des choses qu’elles n’osent pas faire, regarder sans crainte, voire être touchées ». Sébastien Besatti



                                              La Provence juillet 2013

 LA COMMUNAUTE EMMAÜS D'ARLES
Comme Canto, tous engagés aux côtés des sans abri

Expo Portraits 07-2013

Fathi Bouaroua, directeur régional de la  Fondation Abbé Pierre Paca ne parle que rarement de travaux d'artistes. Mais jeudi, au gré des photos d'Eric Cantona, Gilbert Scotti, Yohan Brandt, Sylvie Constance de Pasquale et Jean Noël Lantiez, il était à l'aise. "Tous les supports sont bons pour sensibliser sur la question des sans abri! " A la Fondation Abbé Pierre on sait rester efficace."Jusqu'à présent nous étions dans les festivals de musique pour sensibiliser les jeunes sur un message d'altérité. Avec M P 2013, nous avons eu peur que les plus démunis soient oubliés, et c'est vrai qu'il y a peu de spectacles pour eux, alors nous avons décidé d'être présents aux Rencontres d'Arles, au Festival d'Avignon" (débats et spectacles les 11 et 13 juillet, NDLR). La communauté Emmaüs d'Arles, qui accueille des photographes en stage, a donc prêté ses murs pour une expo, la première. Elle est dédiée aux sans abri et aux compagnons. Eric Cantona, fidèle parrain de la Fondation a accepté d'extraire certaines images de son livre Elle, lui et nous autres,

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 pour qu'elles soient tirées en grand format. Pudiques, elles traversent l'intimité des mal logés en évitant soigneusement tout misérabilisme. Canto, que les invités du vernissage auraient aimé croiser, pourrai venir à la rencontre des compagnons… mais plus tard. Ses photos sont à coté de celles, magnifiques de vérioté, de Gilbert Scotti. Il a pénétré le quotidien des compagnons grâce à un stage des Rencontres avec Pierre Gonnord dont il aime le travail. C'est sur fond noir qu'il offre de vraies gueules, hyper réalistes, sans trahir aucune vérité. C'est aussi fort que le travail de Yohan Brandt, multipliant les rencontres au sein de la Fondation Saint Jean de dieu. Connu pour ses photos de people, de sport, il vient d'ailleurs d'exposer au Palais de la Bourse de Marseille ce travail. Développant le concept "Un don, un portrait" Sylvie Constance et Jean-Noël naviguent dans toutes les strates de la société pour demander au modèle qu'il fasse un don immortalisé dans un diptyque. Compagnons compris. J.Z

→ Jusqu'au 20 juillet, de 14h à 19h,
Emmaüs, route des Stes-Maries